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Ma vie de brigand


Carmine Crocco est né en 1830 du mauvais côté de l’Italie : dans le Sud. Issu d’une famille misérable de la Capitanate, il devient berger à l’âge de six ans, puis est appelé sous les drapeaux. Il déserte et se lance dans le brigandage vers 1852. On l’arrête, il s’évade. C’est alors l’époque du Risorgimento, de l’Unification. Il se joint un temps aux Chemises Rouges de Garibaldi, qu’il abandonne à leur tour pour se placer dans les rangs de la réaction bourbonienne.
Ce sera le début de la carrière du bandit le plus célèbre de l’histoire de l’Italie. Entre mars 1861 et août 1864, il écume le pays à la tête d’une véritable armée, commandant jusqu’à 2 000 hommes, affrontant à l’occasion les troupes des libéraux en batailles rangées. Jamais il ne cessa pour autant d’être un bandit. Il finit par se rendre en territoire pontifical, alors encore indépendant, puis fut emprisonné à vie.
C’est dans sa prison, où il décéda le 18 juin 1905, qu’il rédigea son autobiographie. Récit de fureur et de sang, parcouru par une colère qui jamais ne semble s’éteindre, il tente de livrer dans une langue âpre l’itinéraire furieux qui le conduisit sur la voie du crime, dont il ne fait guère de mystère. Les pages que l’on va lire dessinent ainsi les contours de l’âme tourmentée d’un homme engendré par une terre déshéritée, porté par une rage et une ambition monstrueuses.
Tour à tour matois, sincère, séduisant, cynique ou repoussant, Carmine Crocco se livre à l’édification d’un étrange autoportrait, méditatif ou arrogant, pour planter au bout du compte l’insaisissable figure protéiforme d’un homme de peu en quête de grandiose. MaisMa vie de brigand n’est pas l’oeuvre d’un seul homme. Crocco fut assisté dans sa rédaction par un officier de pénitencier, un certain E.
Massa, chargé de nettoyer les formes dialectales. On ne sait au juste ce qui revient à l’un et à l’autre : pour certains, ce récit serait une mascarade. Il est pourtant loisible de vérifier les faits rapportés par Crocco, et il demeure impossible de disqualifier ce texte purement et simplement. Il faut en admettre la partie obscure : dans tous les cas, il s’agit bien de l’une des pages littéraires et historiques les plus ardentes de l’histoire de l’Italie à l’époque de sa naissance par le fer.
Que le Risorgimento ait été une oeuvre d’unification ou la conquête du Sud par le Nord, l’Italie vacille encore aujourd’hui au souvenir de ces jours terribles, dont Crocco cristallise toutes les contradictions.


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