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Sortir de l’hypnose numérique


Problématique

Il y a trente ans que les techniques numériques se sont installées dans nos maisons, et nous souffrons encore de l’hypnose collective qui, selon Marshall McLuhan, est la première conséquence de l’arrivée d’un nouveau média. Dès que l’on cherche à y échapper en critiquant la déferlante de la numérisation, on est aussitôt taxé de conservatisme. Or, la critique est le seul moyen qui permette de sortir du cadre imposé par les grandes firmes comme Google, Apple, Microsoft et autres, dont le monopole va croissant. Leurs intérêts ont envahi la conscience manipulée d’une opinion publique très profondément déstabilisée et qui se laisse plus ou moins volontairement exploiter par ce média. On s’accorde à dire qu’il n’y a pas d’alternative à cette évolution qui étouffe peu à peu toute créativité.

Le projet du livre

Sortir de l’hypnose numérique a été conçu pour prendre le contre-pied du consensus quasi général sur ce caractère technocratique de notre époque. Les analyse proposées visent à dégager une conception critique tournée vers l’avenir et qui évalue le temps présent selon ses propres exigences de liberté, de développement individuel et d’authenticité.

Ce petit livre a l’ambition d’être un livre « de poche » au sens propre, pouvant servir de bréviaire, de manuel. Son titre en allemand Ende der Hypnose (Fin de l’Hypnose) est à entendre comme un constat, autant que comme une injonction. Ce mot d’hypnose vient de la réflexion de McLuhan sur l’apparition de nouveaux médias. Avec en sous-titre : Vom Netz und zum Buch, formule qui signifie tout à la fois : « De la Toile et à propos du Livre » et « Depuis la Toile (pour la relativiser) et vers le Livre (pour continuer à le développer) ».
C’est tout un programme, à valeur politique aussi : Reuß milite pour que chaque media conserve de la place ; il est convaincu qu’il y va de notre liberté, dans tous les domaines. Nous l’entendons comme une protestation contre tous les monopoles, terriblement abusifs. Le motif qu’il a lui-même choisi pour la couverture du livre appartient à John Ruskin. Le jour s’oppose à la nuit. Le moment est favorable. C’est un combat immémorial qui continue : des dagues et des lances s’affrontent ; vers le haut du blason, une pique blanche semble bien l’emporter. Et si chaque année (ou tous les deux ans) Roland Reuß relit La Phénoménologie de l’Esprit, c’est qu’il trouve dans la langue même de Hegel un goût de chair savoureuse.

Pour finir, si le livre d’aujourd’hui donnait au lecteur français l’envie de redécouvrir Sésame et les Lys, de Ruskin, dans la traduction de Marcel Proust, accompagnée de sa merveilleuse préface et de ses notes stimulantes (volume réédité en 2011), son mérite serait déjà très grand.

Contenu

La critique formulée dans Sortir de l’hypnose numérique s’étend à plusieurs phénomènes contemporains : la soumission volontaire aux injonctions omniprésentes de la publicité ; l’automerchandising ; la perte de toute sensibilité à la langue ; l’obéissance de certains professeurs d’université qui anticipent sur les programmes de recherche à des fins lucratives ; l‘acceptation irréfléchie d’une théorie économique greffée sur tous les domaines et qui a mis en circulation des notions comme celle de « modèle économique » ou d’« industrie des contenus », telle une nouvelle monnaie que chacun se voit aujourd’hui contraint d’utiliser.
Elle fait également apparaître le débat actuel sur les droits d’auteurs comme étant le symptôme d’une crise : dans une époque principalement caractérisée par l’absence d’esprit, l’individualité créative se retrouve nécessairement sur la défensive. Cependant, pour le progrès quel qu’il soit, cette individualité reste indispensable.

Le livre enfin, cet objet matériel à trois dimensions, revêt ici une importance exceptionnelle : il est le lieu de la réflexion ; il concentre l’attention ; il est le centre d’un contre-pouvoir ; il a une aura, alors que les techniques numériques sont marquées par le conformisme, dispersantes et désindividualisantes.
Il existe de nombreuses inclusions dans le texte – du latin, du grec, de l’italien, de l’anglais, du français –, le tout au service d’un projet stimulant : c’est ça, le véritable esprit de l’Europe...


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