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Éditions Prairial



Faire de bons et beaux livres n’est pas réservé qu’aux gens issus du milieu du livre. C’est le cas de Prairial (du calendrier républicain – c’est-à-dire révolutionnaire - de 1792), structure qui publie depuis 2014. « Toutes les recettes des ventes servant à la publication des prochains titres », on comprend facilement qu’ils ne sont pas là pour vendre des kilomètres de papelard ni pour briller dans les salons. « Les projets de publication se fondent d’abord sur des découvertes de livres qui ont déjà eu une existence éditoriale mais qui ne sont plus réédités, ou mal, ou qui n’ont pas eu de traduction française, voire d’édition complète » : à l’appui d’une grande culture générale, littéraire, historique et politique, leur catalogue prouve qu’on peut rééditer en donnant dans la subversion. La contre-culture n’a pas d’époque, elle n’est pas née avec le capitalisme tardif. Chez Prairial on publie « des délirants, des révoltés et des prophètes » ayant vécu autour de la première moitié de ce cruel XXe siècle. Max Ernst, dadaïste puis surréaliste, avec La femme 100 tête ; Georges Darien, anarchiste ô combien individualiste, avec La belle France ; Lucien Laforge, dessinateur pacifiste et antimilitariste, avec Le film 1914 ; Benjamin Péret, poète révolutionnaire, avec Les couilles enragées… Ce dernier, publié sous le manteau en 1928, aussitôt saisi par la maréchaussée, ressorti en 1954 par un Éric Losfeld déjouant la censure en le rebaptisant joliment Les rouilles encagées, avait fini par sombrer dans l’oubli, présentisme oblige. Pourtant, quelque part au fond des limbes de notre époque gisent encore d’autres chefs-d’œuvre épars et délaissés, c’est sûr, et nous pouvons compter sur Prairial pour les en exhumer, les remettre au goût du jour, les polir encore et encore afin de leur rendre l’étincelant éclat de leur charge contestataire. Alors, évidemment, le rythme hallucinant du turn-over capitaliste, non : des pépites, rares et précieuses, oui.

Pour l’instant, existent « 11 titres (6 dans la collection texte et 5 illustrés), et nous en aurons 13 d’ici la fin de l’année 2017, soit une moyenne d’environ 3 livres par an, pour un tirage moyen de 1000 exemplaires. » Et c’est pas fini : « nous publions cet automne deux ouvrages : en octobre, nous sortons un grand roman oublié, Ce qui ne fut pas, du russe Boris Savinkov dont nous avons fait entièrement réviser la première traduction (qui datait des années 1920) par Michel Niqueux, traducteur et spécialiste de la littérature russe. En novembre, nous sortons le Bestiaire de Guillaume Apollinaire, avec les illustrations de Raoul Dufy reproduites dans leur format original. » Les livres de Prairial sont diffusés en librairies par Hobo Diffusion, « spécialisé dans les maisons indépendantes libertaires et anarchistes, ce qui facilite notre identification par les libraires », mais aussi parce que c’était là « une rencontre humaine ». Alors, jeune auteur, sois rassuré : « pour l’heure, seuls des auteurs morts ont été publiés par Prairial, ce qui ne signifie pas pour autant que la maison soit fermée à toute œuvre nouvelle » - si jamais Prairial te publie, tu ne mourra pas dans l’heure pour faire partie de leur catalogue. Tu y côtoiera René Crevel ou Roger Gilbert-Lecomte, c’est plutôt pas mal, non ?

Bref. Que nous dit Prairial ? Que contrairement à ce qui assomme dans la logorrhée de notre temps, le beau, l’érudit ne sont pas l’ennemi du juste : au contraire, même !

Éditions Prairial

39 rue du Cherche-Midi

75006 Paris

http://www.editions-prairial.fr

L’équipe de Quilombo vous présente des éditeurs engagés. Une table présentant les principaux livres leur est dédiée à la librairie et vous pouvez bien sur nous commander tous les titres par correspondance.

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