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Wobblies & Hobos


Wobblies & Hobos relate l’histoire des IWW, un syndicat américain fondé en 1905 par des militants radicaux et qui joua un rôle essentiel dans la lutte des classes aux États-Unis, notamment dans l’ouest du pays – à peine conquis alors et où la force primait souvent sur le droit. Ils se firent connaître par une virulente campagne pour la liberté de parole, dont un épisode tragique, à Everett, dans l’État de Washington, se solda par de nombreux morts.

Les militants des IWW, communément appelés Wobblies, fomentèrent de nombreuses grèves avant et pendant la guerre de 1914-1918, dont celles de Lawrence (1912) et de Patterson (1913), dans l’industrie du textile, furent endeuillées elles aussi par une répression féroce des milices patronales alliées aux forces de police locales. Les Wobblies organisèrent tant les travailleurs de l’industrie du bois dans les grandes forêts reculées du Nord-Ouest que les journaliers de l’agriculture extensive en Californie et dans le Middle-West. Ils étaient particulièrement bien implantés parmi les mineurs du Montana et du Colorado, et organisèrent de nombreuses grèves dures dans le secteur minier, où les conditions de vie et de travail des mineurs étaient effroyables.

Lors de l’entrée en guerre des USA en 1917 contre l’Allemagne et ses alliés, le patronat américain sut convaincre le gouvernement fédéral d’en finir avec les Wobblies. Une vague de répression se déclencha contre eux et des milliers de militants furent emprisonnés pour « trahison » et « sabotage de l’économie en temps de guerre ». Les IWW ne s’en relevèrent pas, même si ce syndicat existe encore de nos jours à l’état groupusculaire.

Les IWW étaient nés en opposition au syndicat confédéral corporatiste, raciste et chauvin, AFL, fondé par Samuel Gompers en 1886. Les Wobblies recrutaient quant à eux parmi les travailleurs non qualifiés de toute race et de tout sexe : la main-d’œuvre féminine sous-payée du textile, les mineurs et journaliers noirs comme blancs, les immigrés fraîchement débarqués et parlant à peine l’anglais, et surtout les travailleurs saisonniers qui sillonnaient le continent en resquillant dans des trains de marchandise : les vagabonds du rail ou hobos.

Se reconnaissant dans les principes des IWW, ces derniers, plus miséreux encore mais plus libres que les ouvriers des bagnes industriels de l’Est du pays, ont créé leur propre culture, dont les figures de proue se nomment Joe Hill, l’aventurier et chanteur d’origine suédoise qui fut condamné à mort dans l’Utah pour un meurtre qu’il n’avait pas commis, Harry McClintock, autre aventurier troubadour qui deviendra l’un des chanteurs de country music les plus célèbres de son temps, T-Bone Slim, poète ouvrier à qui l’on doit de nombreuses chansons des IWW. Leurs « compagnons de route » se nomment John Reed, Jack London, Upton Sinclair, John dos Pasos, pour ne citer que ces quatre grands écrivains américains des temps héroïques de la lutte des classes aux Etats-Unis.

Le livre se compose d’une histoire thématique et chronologique des IWW due à la plume de Joyce Kornbluh ; de documents afférents (chansons, poèmes, récits, témoignages d’époque) ; de 110 illustrations (photos, dessins de presse) ; y est inclus un CD qui contient 22 chansons : des blues inédits écrits et chanté par des hobos noirs dont la plupart sont devenus célèbres à défaut de devenir riches (tel Sleepy John Estes) et des chants ouvriers et protest-songs dus à la plume de Joe Hill, de T-Bone Slim ou d’autres, soit dans d’anciennes versions, soit joués par un groupe de blues rock montreuillois.


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