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Vladimir Vyssotski

Un cri dans le ciel russe


Un artiste révolté et survolté qui chanta son époque d’une voix torride et tonnante : tel fut Vyssotski devenu depuis sa mort en 1980 l’idole du peuple russe, et que les études d’opinion, chiffres à l’appui, placent loin devant… Tolstoï ou Tchekhov.
Chanteur, compositeur, acteur, sur scène ou à l’écran, Vladimir Vyssotski embrassa tous les genres où pouvaient s’exprimer son baryton écorché, son corps d’athlète, son sens dramatique et son inséparable guitare. Non pas en touche-à-tout éclectique et dispersé, mais en artisan d’un surgenre dont l’horizon était la poésie.
Or, « en Russie, un poète est plus qu’un poète ». Aussi, pour être reconnu en tant que tel, il dut se battre contre la machine sociale de son temps comme un fauve. Ou plutôt comme un loup, ainsi qu’il le chantera dans sa Chasse aux loups, une allégorie du destin russe désormais gravée dans la mémoire de son peuple. Que le jeune Vyssotski eût labouré au saphir, jusqu’à l’usure, un vieux vinyle chantant Les loups sont entrés dans Paris, d’un certain Serge Reggiani, nous livre l’une des clés de ses tourments…
À son tour, le loup Vyssotski entra bientôt dans Paris grâce à sa femme française, Marina Vlady : comme dans un conte de fées, le poète maudit de Moscou avait en effet épousé l’une des actrices de France les plus admirées à une époque où l’Union soviétique cadenassait ses frontières. Dès lors commença un étourdissant voyage autour du monde qui le mena de l’Europe aux Amériques – États-Unis compris – et qui fit même vibrer sa voix rocailleuse sous le ciel de l’Océanie.
Pour vertigineux qu’il soit, ce voyage extérieur, qui se fit en plusieurs fois, ne rompit rien des attaches profondes, viscérales, qui le liaient avec son pays sans lequel il n’était rien. De fait, le tracé de ses errances, spectacles et tournées noircit la carte de l’immense URSS. De la géographie artistique de Vladimir Vyssotski, l’on retient qu’il était partout, tressant avec son peuple une corde serrée, jusque chez les orpailleurs de Sibérie, ces anciens du Goulag « aux visages d’écaille et aux âmes de soie », comme il aimait à le dire.
Brûlé par la vie, les passions, les excès, la quête de vérité, il mourut à 42 ans en héros tragique peu de jours après avoir joué une dernière fois Hamlet sur les planches de la Taganka, théâtre de Moscou entré avec lui dans la légende culturelle de la Russie.


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