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Les Prairies Ordinaires



Le premier titre publié par Les Prairies Ordinaires a vu le jour en 2005. Quand Remy Toulouse s’est lancé dans l’édition c’était après quelques années dans le milieu de l’édition et un constat irrémédiable : « une certaine manière de questionner le monde était absente, ou quasi-absente, des tables des librairies : ce pouvait être un certain type de pensée critique, certains auteurs, certaines problématiques, mais aussi certaines formes visant à rendre plus accessible cette pensée critique… À un niveau très basique, j’étais aussi mû par la conviction que le savoir permet d’agir » Si Les Prairies Ordinaires sont constituées en SARL avec un seul salarié, « tous ceux qui travaillent avec nous sont rémunérés d’une manière ou d’une autre (en droits d’auteurs ou en salaires), pas de “bénévolat” ». Ca a le mérite d’être clair. Il n’est pas de ceux qui glorifie à outrance le travail de l’éditeur en niant sa réalité sociale. « (…) le milieu de l’édition est l’un de ceux (prétendument à haute valeur symbolique) où l’exploitation est la plus fréquente, la plus intériorisée, la plus implicite… « On fait travailler les gens pour rien, mais ils sont bien contents de le faire : voilà en substance ce que pensent les exploiteurs de tout poil dans ce“ milieu” ». Unique salarié, il assure seul les petites tâches comme les grandes : du choix des textes au travail avec les traducteurs en passant par l’envoi de factures ou les contacts avec les journalistes… Le design graphique est confié à Maëlle Dault, qui vient de l’art contemporain. Il y aussi François Cusset, avec qui il anime la collection « penser/croiser » ; « mais en réalité c’est une bande d’amis qui se tient à nos côtés et qui participe directement, et énergiquement, à la vie de la maison. Ce n’est pas un “comité de lecture”, c’est bien une bande d’amis ». Publier 21 livres en trois ans, ce n’est pas rien. 12 l’ont été rien qu’en 2008, et déjà 8 sont prévus pour 2009, dont Wal-Mart, un modèle pour le capitalisme du XXIe siècle de Nelson Lichtenstein, Culture et matérialisme de Raymond Williams ou Les années d’hiver de Félix Guattari. Le tirage moyen est de 1500 exemplaires en moyenne, Le Stade Dubaï du Capitalisme en est, lui, à 4000 exemplaires – et un 3e retirage est envisagé. Un petit succès dû au nom que Mike Davis commence à se faire en France, mais aussi au travail de diffusion et de distribution assuré par les Belles Lettres, qui font « un formidable travail de mise en place : ciblé et construit sur le long terme. » S’appuyant sur deux collections, Les Prairies Ordinaires est une maison d’édition politique sans donner dans « la » politique. Sans dogme, tendance ou idéologie particulière. « Nous estimons toujours indispensable de développer une pensée critique de la domination ; la pensée marxienne est donc très présente ; mais elle n’est pas la seule. Nous cherchons par exemple à l’articuler avec des outils théoriques nés de la pensée de Foucault et des luttes minoritaires. » Il y a d’un côté « Essais, qui publie des auteurs francophones » et de l’autre « Penser/Croiser qui ne propose que des traductions ». Publier seulement des textes non-francophones est une gageure qui mérite bien d’y consacrer une collection à part entière ; il n’y a pas toutefois pas d’opposition de fond entre ces deux collections. « Il s’agit de publier des textes qui se situent à la frontière de la théorie et de la pratique et qui ont tous, directement ou indirectement, des implications politiques radicales. Ils peuvent être écrits par des philosophes, des historiens, des théoriciens artistiques ou littéraires, des architectes… » On trouve, entre autres titres, dans ces collections : Paradis infernaux, ouvrage coordonné par Mike Davis et Daniel B. Monk, Comment produire une crise mondiale de Jeanne Favret-Saada, Pour une politique de l’égalite – Communauté et autonomie dans la Bolivie contemporaine d’Alvaro Garcia Linera (vice-président bolivien et ex-guérillero), Faire mouvement d’Eric Hazan ou Géographie de la domination de David Harvey. Forcément, la perception globale du monde du livre et de la société dans lequel il s’inscrit est amère, mais pas désespérée pour autant. « Ce monde sans horizon, l’accumulation des difficultés matérielles, le creusement époustouflant des inégalités, la pauvreté des expériences de vie, le travail toujours aussi abrutissant pour la majeure partie des femmes et des hommes (la liberté promise par l’automation et l’idéologie du progrès ont fait long feu), l’ambiance politique délétère… (…) Je crois en tout cas qu’il ne faudra pas laisser passer les opportunités de révolte et d’émancipation qui ne manqueront pas de surgir çà et là. Maintenant, il faut bien reconnaître que les tables des librairies sont encombrées de livres qui n’en ont que le nom, faute d’une autre catégorie plus adéquate. À eux de développer des « lignes », comme le font les éditeurs, car ils sont en train de mourir de ce système. Avec 60 000 nouveaux titres par an, les problèmes de stock et de trésorerie se multiplient. Et si toute la librairie s’écroule… »

LES PRAIRIES ORDINAIRES

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