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Le Havre 1922 : la grande grève de la métallurgie


Le Havre, 1922. Début juin, la Chambre syndicale patronale de la métallurgie du Havre fait savoir à ses ouvriers que, à partir du 22 du mois courant, les salaires seront diminués de 10 % en moyenne. Le mardi 20 juin, les ouvriers forment un comité de grève et, le lendemain, 900 métallurgistes en grève tiennent leur première réunion publique. Le 23 juin, 10 000 personnes, hommes et femmes, parcourent pacifiquement les rues du Havre dans ce qui est la première d’une longue série de manifestations de rue. Dans les jours suivants, le mouvement se communique rapidement à l’ensemble des grands chantiers du Havre.
Cette grève, qui va s’étendre sur plus de trois mois, a lieu dans une ville où, en dépit d’une déjà longue tradition révolutionnaire, les ouvriers de la métallurgie sont peu syndiqués. En outre, la grève commence presque au moment même où le congrès de fondation de la CGTU ratifie la première grande scission du mouvement ouvrier français d’après 1914, divisé entre une CGT réformiste, dirigée par l’ex-anarchiste Léon Jouhaux, et la nouvelle confédération, fondée par les minoritaires de l’organisation, communistes et libertaires, ces derniers constituant l’aile marchante du syndicalisme havrais. _ Poussés par une vague immense de solidarité, qui permet de mettre en application la vieille tactique syndicaliste de l’exode des enfants des grévistes, accueillis dans les villes des environs et même en région parisienne, soutenus par le maire radical-socialiste de la ville, les métallos du Havre vont mener un combat courageux et obstiné contre les patrons du Comité des Forges mais aussi contre l’État et ses chiens de garde, policiers, militaires et magistrats. Le 26 août, une collision entre manifestants et forces dites de l’« ordre » entraîne la mort de quatre ouvriers : après les années de boucherie patriotique de la Première Guerre mondiale, la République renoue avec les crimes de Fourmies, de Raon-l’Étape et de Villeneuve-Saint-Georges. Ce n’est que le lundi 9 octobre, après cent dix jours de grève, que le comité de grève suspend un mouvement qui reste un des épisodes les plus marquants de la lutte des classes des années de l’après-guerre.
C’est ce grand mouvement, largement oublié aujourd’hui, que Patrice Rannou, fait revivre au jour le jour dans la présente brochure, qui succède à l’ouvrage qu’il a consacré il y a peu à l’affaire Durand, également publié par nos soins.


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