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L’art et la révolution


Il aura fallu une petite semaine, à l’occasion de l’insurrection de Dresde en mai 1849, pour que Richard Wagner, dont la carrière de compositeur officiel commençait juste à décoller, envoie promener ses ambitions et se jette à corps perdu dans la bataille révolutionnaire. Les amis qu’il côtoie alors sur les barricades s’appellent Bakounine ou August Röckel. Mais contrairement à ces derniers, qui seront capturés et condamnés à mort, Wagner parvient à fuir après la défaite, traqué par toutes les polices d’Allemagne.
Avant, pendant et après l’échec de la révolution saxonne, sa pensée politique, parfois radicale quoique souvent confuse et sinueuse, se sera exprimée dans un nombre considérable d’articles et de pamphlets aujourd’hui largement oubliés dont L’Art et la Révolution (1849) constitue certainement l’un des exemples les plus aboutis. Wagner y prononce - au nom d’un Art idéal, social et unificateur tout droit issu de la Grèce antique - une sentence de mort implacable contre la société bourgeoise, sa division du travail, son amour de l’Argent corrupteur et sa repoussante médiocrité.
Etrange destinée que celle de cet homme, promu des décennies plus tard l’idole absolue d’une oligarchie tellement exécrée, sinon l’inspirateur direct de sa fraction la plus réactionnaire et obscurantiste. C’est cette contradiction vivante, exceptionnelle, au sein d’une même trajectoire artistique, qui se trouve aujourd’hui présentée au lecteur.


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